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Substances déversées


Une analyse menée sur 196 accidents ayant eu lieu entre 1917 et 2010 dans différentes mers du monde a permis de déterminer les substances dangereuses transportées en vrac les plus déversées en termes de quantité et de fréquence.

Concernant les matières solides, il s’agit :
1. du minerai de fer : le métal du même nom en est extrait et entre dans la composition de différents alliages comme l’acier et la fonte;
2. de la potasse* : elle entre dans le procédé de fabrication d’engrais, de savons, de détergents et du caoutchouc synthétique;
3. du phosphate : il est principalement utilisé pour fabriquer de l’acide phosphorique ;
4. des engrais : ce sont des éléments nutritifs apportés aux plantes pour améliorer leur croissance ; et
5. du nitrate d’ammonium : il est principalement utilisé pour fabriquer des engrais et des explosifs.

En ce qui concerne les substances liquides, il s’agit :
1. de l’acide sulfurique : il est principalement utilisé dans le procédé de fabrication des engrais phosphatés et des pigments ;
2. des huiles végétales : elles sont utilisées dans l’alimentation et la synthèse de biocarburants* ;
3. de la soude caustique : elle entre dans la composition de savons, de détergents et de matières plastiques ;
4. du naphta* : issu de la distillation du pétrole, il est un intermédiaire clé pour la fabrication des produits issus de la pétrochimie* ; et
5. du soufre* : il est majoritairement employé pour synthétiser de l’acide sulfurique.

Il faut préciser qu’une pollution chimique est souvent accompagnée d’une pollution par hydrocarbures*, ceux-ci servant de carburant dans tous les navires.

En 2009, le minéralier Gülser Ana qui transporte 39 000 tonnes de phosphorite (minerai de fer) et 570 tonnes de fuel lourd s’échoue au sud de Madagascar. Peu après, le navire se casse en deux et une partie de sa cargaison (phosphorite et fuel lourd) se répand en mer dans un secteur de pêche importante pour la population locale. La phosphorite peut contenir des métaux lourds qui contamineraient la faune marine, c’est pourquoi les autorités interdisent la pêche dans la zone autour du déversement. Des analyses d’eau et de poissons sont effectuées au Cedre et aucune pollution n’est décelée.

échouement du vraquier Gülser Ana
Echouement du vraquier Gülser Ana (2009, Madagascar). Double déversement : phosphate de roche en blanc et hydrocarbures en noir
Le saviez-vous ?

L’acide sulfurique, anciennement appelé vitriol, est produit par l’homme depuis le XVe siècle. Il était obtenu en distillant du sulfate de fer avec du sable.
Le premier procédé industriel de fabrication de cet acide, appelé méthode des chambres de plomb, fut mis au point en 1746 par l’inventeur britannique John Roebuck. Son usage perdura jusqu’en 1946.

Quand les produits alimentaires deviennent des substances dangereuses...

En 1996, le navire céréalier Fénès s’échoue dans une petite baie des îles Lavezzi (Corse, France). En raison des intempéries, sa coque s’éventre et 2 500 tonnes de blé sont répandues en mer.

Sur un peu plus d’un hectare, les végétaux marins (dont des espèces protégées) et les animaux sessiles* (éponge, corail) se retrouvent enfouis sous des dizaines de centimètres voire plusieurs mètres de blé.

Les opérations de pompage du blé commencent deux mois plus tard. Le blé récupéré est égoutté à l’aide un système de passoire positionné dans un tuyau flexible qui évacue les eaux usées.

Lors de la récupération de la cargaison, des produits toxiques résultant de la fermentation du blé sont détectés. Il s’agit d’hydrogène sulfuré, de méthanol et d’éthanol.

Le personnel en surface et les plongeurs sont alors équipés en conséquence. Les opérations de pompage prennent fin 3 mois après l’accident.



Mise à jour : 18/02/2016